Mardi 1 juillet 2014 2 01 /07 /Juil /2014 13:30

Un application ludique proposée par le designer graphique Jono Brandel pour créer ses propres mélodies visuelles.
À une touche correspond un son qui appelle une image mobile associant forme et couleur.
Expérience synesthésique garantie !



De prise en main enfantine, elle fonctionne sur ordinateur, mobile et tablette.
Réalisée en collaboration avec Lullatone, le duo de musiciens Shawn et Yoshimi Seymour.

En savoir + :
• Le site de Jono Brandel
• Le site de Lullatone

Par Gone Fishing - Publié dans : Bonus
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Dimanche 1 juin 2014 7 01 /06 /Juin /2014 12:43

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Dessinateur et scénariste, graphiste ou encore scénographe, Marc-Antoine Mathieu propose depuis une trentaine d'années une œuvre hautement singulière, qui tient du roman graphique et du théâtre de l'absurde, de la poétique mathématique et de la philosophie du rien. Une arithmétique du dessin au service du signe qui fait sens.

Quand Nietzsche, Beckett, Ionesco, Kafka, Borgès, Devos s'en mêlent sans vergogne : trucs et astuces, farces et attrapes, tours de passe-passe et prestidigitation.

 

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Mathieu avant tout rêve. Mathieu s'interroge, cherche, suggère. Mathieu met en abîme, file la métaphore et l'ellipse. Par son approche très conceptuelle, c'est le regard et la réalité qu'il questionne. Avec sens de l'humour et humour du non-sens. À travers artéfact et avatar, il impose comme un silence dans lequel la forme et l'espace repoussent leurs limites, où la temporalité se libère de la ligne. Les thèmes abordés : le temps et l'espace, leurs dimensions, la mémoire, l'identité, les mathématiques et la logique, la métaphysique, la société de masse et le pouvoir de la communication, etc. Ses moyens : une parfaite maîtrise du noir et blanc et surtout de la mise en scène graphique.

 

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Tout commence avec la création en 1985 de l'atelier Lucie Lom, un atelier de graphisme et de scénographie qui réalise des installations d'expositions pour le festival d'Angoulême (Espagne-Espagne, 1989, Gode Save the Comics, 1990, Moebius/Giraud, 2000), La Villette (Opéra Bulles, 1991), Beaubourg (Ombres et Lumière, 2005), BD à Bastia (Grotte Book, 2011).

 

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Et en 1990, Marc-Antoine Mathieu débarque avec fracas sur le devant de la scène, avec le premier volume des aventures de Julius Corentin Acquefacques, L'Origine, un album déroutant, qui se joue avec malice des codes du neuvième art. Suit rapidement le deuxième de la série, La Qu…, qui figure déjà dans les albums indispensables de l'année 1991. Mais c'est avec le troisième volet, Le Processus, qu'il opère une véritable révolution hélicoïdale, construisant la première spirale en volume de l'histoire du genre. En 1995 paraît le quatrième tome, Le Début de la fin, tout aussi innovant, et en 2003 le cinquième, 2,333e dimension, dans lequel le désormais célèbre héros kafkaien semble avoir perdu le point de fuite ! Sombre perspective. Jusqu'en 2013, après dix ans de silence, quand le sixième volume paraît et Julius disparaît, Le Décalage, comme une déchirure…

 

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Dans le labyrinthe Mathieu, règnent l'inventivité et l'illusionnisme au service de l'imaginaire. Au cœur du système, l'absurde se mêle aux réflexions philosophiques et voisine avec la logique et les concepts mathématiques. La réalité est en pièces, il faut donc reconstruire le puzzle. Refléter l'inconcevable, réfracter, diffracter. Dévoiler un monde autre, en différé.

 

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Dans tous ses albums, Mathieu passe au crible la société occidentale actuelle dans son ensemble et dresse un état des lieux peu reluisant de la pensée contemporaine. Les tracés, les espaces et les vides se suffiraient-ils à eux-mêmes ?

 

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Bibliographie :

• Série « Julius Corentin Acquefaques, prisonnier des rêves », chez Delcourt, 1990-2013 :
1. L'Origine, 2. La Qu…, 3. Le Processus, 4. Le Début de la fin, 5. La 2,333e dimension , 6. Le Décalage

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Paris-Mâcon, Futuropolis, 1987
La Mutation, L'Association, 1997
Le Cœur des ombres, L'Association, 1998
Le Dessin, Delcourt, 2001
L'Ascension et autres récits, Delcourt, 2005
Mémoire morte, Delcourt, 2006
Les Sous-sols du Révolu, Futuropolis, 2006
La Voiture symétrique, L'Association, 2007
Dieu en personne, Delcourt, 2009
3 ’’, Delcourt, 2011
Labyrinthum, L'Association, 2014

 

+ d'infos :

• Le site de Marc-Antoine Mathieu
• Le site de l'atelier Lucie Lom
• Côté interview : sur ActuaBD pour Le Décalage et la série Acquefaques, avec Vincent Henry sur BD Selection, avec Sasha Watson sur Arthur Magazine (en anglais) ou ici (traduit par Théo en français), sur Dieu en personne pour les éditions Delcourt
• À lire aussi, le papier d'Éric Bouchard sur Mémoire morte, publié sur le blog Le Délivré de la Librairie Monet, ett l'analyse d'Adrien Genoudet

 

Illustrations ©Marc-Antoine Mathieu/Delcourt

Par Gone Fishing - Publié dans : Portrait du dimanche
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Jeudi 8 mai 2014 4 08 /05 /Mai /2014 16:44

Béatrice Leproust, née à Dijon, est toujours prête à dégainer son bridge Fuji X10.

Elle est autiste aspie. Sous le nom de Luna TMG (« The Moon Girl », « La fille de la Lune »), elle nous propose de partager sa vision photographique d'un monde à géométrie variable où reflets et entremêlements sans cesse s'entrechoquent.

La façon dont elle appréhende et modèle dans la simultanéité ce réel aux multiples facettes est à la fois déconcertante et enchanteresse.

Le travail de retouche effectué sur les couleurs – estompées, rehaussées ou carrément saturées – donne un sentiment puissant d'irréalité. Le sentiment aussi de vivre derrière une vitre, comme dans un aquarium, de voir derrière ou à travers le miroir.

Ses photos-tableaux témoignent ainsi de la rencontre de deux mondes en apparence séparés, le nôtre et le sien.

En apparence ?

 

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Son travail est soutenu par l'association finistérienne Asperansa.

 

Livres :
• Émotions recyclées / Recycling Emotions, Éditions Luna TMG, 2013, 22 €
• Derrière l'aquarium / Through the Glass-bowl, Éditions Luna TMG, 2011, épuisé

 

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+ d'infos :

• Voir sa page Facebook et ses photos sur Flickr

• Voir aussi le site de l'association Asperansa

 

Photos ©Luna TMG

Par Gone Fishing - Publié dans : Tungsten Lighting
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Dimanche 4 mai 2014 7 04 /05 /Mai /2014 10:59

De ce jeune illustrateur très prolixe et déjà connu, ce qu'on préfère, ce sont ses essais prometteurs au bic, crayons de couleurs, feutres, encre de chine, ses fausses affiches et le Professeur Lecarré… sur son blog. Influencé par ses contemporains, sa patte reste pourtant toujours présente. Il est rare de tomber sur une telle variété graphique !

Jugez vous-même :

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Extraits de la série du Professeur Lecarré

 

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Deux fausses affiches

 

 

Souhaitons lui bon vent !

 

+ d'infos :

Son site, sur lequel vous trouverez blog et biblio.

 

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Illustration pour la revue Influencia

 

Illustrations © Vincent Caut


Par Gone Fishing - Publié dans : À surveiller
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Dimanche 27 janvier 2013 7 27 /01 /Jan /2013 10:00

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Nous avons découvert en 2010 à l'occasion d'une exposition temporaire à Tromsø, au nord de la Norvège, le travail de Ragnar « Rax » Axelsson, un photographe islandais qui parcourt inlassablement les terres du Grand Nord.

 

Photojournaliste de 55 ans, il travaille depuis la fin des années 70 pour le compte du quotidien islandais Morgunblaðið, ne manquant aucune des éruptions volcaniques, tempêtes, naufrages, avalanches qui ponctuent presque chaque année la vie islandaise…

« Le grand frisson pour un photographe, c'est d'arriver à prendre LA photo d'une éruption volcanique, d'un sauvetage en mer ou d'un événement spectaculaire. On est prêt à tout, même à monter dans un petit biplace dans les pires conditions météorologiques. […] Je suis toujours sur les charbons ardents quand un tel événement se produit. Comme un sprinter dans les starting-blocks. »

 

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À ses moments libres, il laisse son appareil photo numérique au placard et part sillonner le pays, argentiques à l'épaule. Cette terre regorge de richesses. L'île, en son centre, est un vaste plateau désert et inhabité, parcouru d'étendues de roches volcaniques à perte de vue. Les glaciers occupent près de 10 % du territoire. Une nature toute en nuances que l'œil du photographe redessine à travers son objectif :

« Les glaciers sont la mémoire du monde. Ils racontent l'histoire des volcans et des écosystèmes anciens. On y lit comme dans un livre ouvert la grande saga de notre planète. J'ai exploré les entrailles des glaciers : on y découvre des grottes surprenantes où les jeux de lumière sont spectaculaires. »

 

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Au pied du Vatnajökull, le plus grand glacier d'Europe, au sud de l'île, la lagune glaciaire de Jokulsarlon avec ses icebergs :

« Les icebergs dessinent des formes figuratives, des monstres éphémères encore plus incroyables que ceux esquissés par les reliefs des montagnes. D'étranges silhouettes qui, comme des mirages, apparaissent pour disparaître aussitôt. À force d'être sculpté et poli par la houle, un iceberg devient aussi chatoyant et translucide que du cristal. À l'intérieur, on y découvre toutes sortes de visages et de personnages. J'aime photographier ces fantômes qu'on dirait libérés d'un charme après des siècles de sommeil. »

 

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Ragnar Axelsson, sensible aux multiples visages que la nature offre à son regard, est aussi avide de rencontres :

« Chaque fois que je croise une personnalité intéressante, je m'arrête et j'engage la conversation. Souvent, des heures se passent avant que je ne prenne mon premier cliché. »

Ses modèles de prédilection sont les vieilles personnes, les pêcheurs en déserrance, les agriculteurs reclus qui peinent à survivent dans leurs fermes isolées, quasi inaccessibles au fin fond des régions les plus reculées d'Islande…

« J'aime les visages qui racontent une histoire. »

Ces gens qui se frottent durement à la vie font souvent montre d'une grande curiosité et d'une connaissance intime de la nature.

 

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Il effectue aussi une trentaine de voyages au Groenland, parcourant le territoire en traîneau à chiens. Bien avant que la question du changement climatique ne devienne un sujet brûlant, il est témoin, année après année, des modifications du climat et de la diminution de la banquise. Et il nous livre en effet un témoignage poignant sur ce qu'il appréhende comme étant « les derniers jours de l'Arctique », son crépuscule.

 

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La première fois qu'il se rend à Qaanaaq, l'excitation est à son comble :

« Je trépignais d'impatience de découvrir enfin ce pays fascinant. C'était comme remonter le temps et pénétrer dans un monde qui n'existait que dans les livres. Je réalisais à quel point ces paysages et ces gens étaient photogéniques, mais avant de pouvoir utiliser mon appareil photo, il me fallut gagner leur confiance. »

 

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Le chasseur Masauna le prend sous son aile, comme le feront à leur tour ses fils Vikilé et Mamarut à sa mort. Les regards et les gestes leur permettent de communiquer. Il accompagne ainsi les chasseurs inuits qui subsistent de la chasse au phoque, à la baleine, à l'ours blanc, par moins 40, devant affronter le blizzard.

Il lui arrive de passer quatre semaines d'affilée sur la banquise :

« Quand on est sur la banquise, la solitude est totale. Les rares bruits qui se font entendre ne sont plus que des déclinaisons du silence. Un silence tellement assourdissant qu'on se met à percevoir les sons les plus ténus. Mais le bruit du vent et les craquements de la glace disent tous la même chose : tu es seul aux confins du monde. »

Chasser demande beaucoup d'abnégation, d'attente et d'errance. Et le plus souvent, il n'y a rien à photographier dans ces étendues immaculées. À Ittoqortoormit, au sud-est du Groenland, Ragnar Axelsson participe à une chasse à l'ours polaire. Pendant des jours, ils suivent les traces, mais pas un seul cliché correct de l'un d'eux. À l'instar des chasseurs, il rentre bredouille la plupart du temps…

 

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Faute d'argent, il retourne au pays et attend de trouver des fonds pour un nouveau voyage qu'il espère chaque fois plus chanceux. Au fil des années, il a gagné la confiance de la population et s'est lié d'amitié avec les chasseurs.

« Ce pays exerce sur moi l'attraction d'un aimant. Mais à chacun de mes voyages, je perçois de nouveaux signes de la disparition progressive d'un mode de vie. »

Une civilisation vieille de plus de 4000 ans qui survit dans des conditions extrêmes et semble condamnée à disparaître. Parfois, dans un seul visage, une seule des photographies de Ragnar Axelsson, se lit toute l'histoire de ce pays et de son peuple. Les Inuits s'inquiètent pour leur avenir. Ils ne peuvent plus rejoindre leurs aires de chasse habituelles, au bord de la banquise, où le gibier est plus abondant, car la glace est devenue trop fine et dangereuse. Ils s'adaptent, creusent des trous dans la glace et attendent que les phoques viennent respirer. Les méthodes ont évolué, la saison de chasse est devenue plus courte. Au Groenland, les temps ont changé. Des villages autrefois débordant de vie sont désormais à l'abandon.

 

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En dépit de leurs efforts, soumis à la loi des quotas, leur avenir est grandement menacé par la fonte des glaces, accélérée par le réchauffement climatique, et leur quotidien a profondément changé. Impuissance, résignation. Sans compter une autre menace de taille : les énormes enjeux économiques autour des richesses naturelles que recèle l'île – fer, minerais, pétrole –  et la voracité des gouvernements étrangers.

 

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La mission que le photographe s'est donnée : fixer sur la pellicule un mode de vie peu connu, figer les choses avant qu'elles ne disparaissent totalement et, pour cela, les ressentir pleinement avant de pouvoir les restituer.

« L'Arctique nous confronte à de nouveaux défis. De tous temps, les hommes qui vivent sous ces latitudes ont lutté pour s'adapter à leur environnement, et ils devront continuer à le faire. […] Mon récit en images est ma contribution à la nécessaire prise de conscience des effets du réchauffement climatique sur la vie quotidienne des peuples du Nord. »

 

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Quant à l'avenir de son propre métier, Ragnar Axelsson est inquiet. La photographie a perdu sa place dans les médias. Avec l'apparition d'internet et de la vidéo, la photographie professionnelle semble elle aussi en désérrance. Les journaux ne publient plus que des clichés souvent pauvres et creux qui ne signifient rien. Avec l'apparition du numérique et la multiplication des photographies d'amateurs, le photographe de profession se doit de produire toujours plus de meilleurs images. Il faut aller et faire plus vite. Pour Axelsson cependant, la photographie aura toujours un pouvoir d'expression supérieur aux mots.

 

Il utilise le numérique, un Canon, uniquement pour ses travaux de reportage destinés aux journaux. Pour ses travaux personnels, il préfère le noir et blanc argentique, qui conserve une force d'expression qui ne saurait être égalée. Il utilise un Leica M4-P ou M6, un Mamiya 7 ou encore un Linhof, couplés avec des objectifs 21, 28, 35, 50 mm pour le Leica, 43 mm pour le Mamiya 7, et des pellicules Kodak Tri-X ou T-Max 100. Il effectue bien sûr lui-même ses tirages :

« Mes tirages sont volontairement sombres. J'utilise du ferricyanure de potassium pour éclairer certaines parties de la photo et lui donner la bonne profondeur. C'est un travail de précision, et il n'est pas rare que je reste enfermé plusieurs jours dans mon laboratoire pour obtenir le résultat souhaité. »

 

Ses photographies en noir et blanc sont intemporelles, ouatées de silence, peuplées de solitudes. Capter dans sa fugacité le mouvement, l'instant, l'atmosphère, ce que le regard exprime. S'il y a tant de portraits chez Ragnar Axelsson, c'est que les visages sont pour lui la mémoire des pays et de leurs habitants, ils en reflètent l'histoire.

Dans chaque livre, un personnage pour fil conducteur : le chasseur inuit Masauna et ses fils, l'ermite islandais Gudjon Porsteinsson, un gardien de troupeau lors de la transumance…

« Je souhaite que toutes les images que j'ai collectées au fil des ans perpétuent la mémoire de ces gens admirables qui chaque jour de leur vie ont dû relever les immenses défis de la nature. »

 

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Face à ses livres, il exprime une satisfaction teintée de regret : il aimerait refaire certains clichés, ou en avoir pris d'autres. Mais il est important de continuer à documenter les choses au jour le jour, et donc d'écrire les premiers chapitres d'une histoire qui se poursuivra sans lui :

« Les mots d'un chasseur inuit que j'ai rencontré un jour au Groenland sont restés à jamais gravés dans ma mémoire. Ces mots sont en filigrane de toutes mes photos, et c'est ce message que je veux transmettre au monde. Il disait : “J'aime ma terre. Elle m'a tant donné. Elle peut me laisser vivre ou prendre ma vie. Aujourd'hui, elle m'a laissé vivre. »

 

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Bibliographie :
Faces of the North (Andlit Norðursins), Reykjavík, Mál og menning, 2004; publié en anglais, français et allemand en 2005
Last Days of the Artic (Veiðimenn norðursins), Reykjavík, Crymogea, 2010; publié en anglais et en allemand en 2010
• À paraître en mars 2013 chez Acte Sud, un Photo Poche consacré à Axelsson : une soixantaine de photographies réalisées au Groenland. 144 pages, 13 €
• À paraître en 2013 ou 2014, Round Up, ses photos de la transumance dans la région de Landmannalaugar au sud de l'Islande.

 

+ d'infos :
• Le site internet de Ragnar RAX Axelsson, où l'on peut commander directement au photographe des tirages numérotés et signés.
The Last Days of the Arctic, un très beau documentaire de Magnús Viðar Sigurðsson sur le travail de Ragnar Axelsson, où se mêlent ses clichés et ses rencontres avec les personnes qui sont à l'origine des portraits saisissants qui parcourent ses livres. Une production Sagafilm, distribuée par Mercury Media, à commander ICI. (Une version courte de 60 minutes a été diffusée sur la BBC en mai 2011. La version longue en français a été diffusé par Arte sous le titre Les Visages de l'Arctique en décembre 2011. À revoir sur Youtube (Webanix) en six épisodes de 15 minutes qui s'enchaînent : ICI.)
Polka, n°16, janvier 2012 : « Pôle Nord : la grande glace est malade », un article de Laurence Butet-Roth avec des photographies de Ragnar Axelsson.

 

Photos © Ragnar Axelsson

Par Gone Fishing - Publié dans : Portrait du dimanche
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