Illustration pour Le Magazine littéraire, 2006
Ses récits intimistes sont souvent sombres, mélancoliques et tragiques à la fois, teintés d'érotisme. Une atmosphère feutrée restituée par un dessin gras qui estompe les contours pour révéler
l'étrangeté. Des silhouettes floutées, des visages aux regards absents, à l'identité incertaine.
Trois illustrations de À l'abandon, Naïve, 2009, et un projet d'affiche
Clair-obscur, nuances, contrastes. Aude Samama travaille à l'acrylique et porte une attention particulière aux tons et aux cadrages. À l'instar du travail produit par Lorenzo Mattotti, on
retrouve dans sa peinture l'empreinte des courants fauve et expressionniste (Kirchner, Nolde, Munch), mais aussi de la peinture réaliste figurative de Félix Vallotton et d'Edward Hopper (dont
elle a illustré le numéro qui lui a été consacré par la revue Dada en juin 2010).
Illustration pour le numéro de la revue Dada consacré à Edward Hopper, juin 2010
Née à Paris en 1977, diplômée de l’École Supérieure de l’Image d’Angoulême, Aude Samama a publié En série, sa première bande dessinée, aux éditions Frémok en 2002, suivie du
Troisième homme, un récit paru dans la revue Bang ! en 2004.
Planche de En série, Frémok, 2002
Elle publie en 2005 aux éditions Nocturne une biographie dessinée de la chanteuse de jazz Bessie Smith, et en 2008 celle de la reine du fado Amalia Rodrigues.
Planches de Bessie Smith, Nocturne, 2005
Planches de Amalia Rodrigues, Nocturne, 2008
L’intrusion, son dernier album solo, paraît aux éditions Rackham en janvier 2008.
Planches de Intrusion, Rackham, 2008
En 2009, elle a illustré l'adaptation par Denis Lapière d'une nouvelle de Stevenson, Amato, chez Futuropolis, et le texte de Laurence Tardieu, À l'abandon, aux éditions Naïve ; en 2010, le récit fantastique de Jorge Zentner, Lisbonne dernier tour, paru aux Impressions Nouvelles. Et réalise également les illustrations de nombreuses couvertures pour la jeunesse, notamment pour Oskar Jeunesse et Actes Sud Junior.
Planches de Lisbonne dernier tour, Les Impressions Nouvelles, 2010
Bibliographie :
En série / Frémok, 2002
Bessie Smith / Nocturne, « BD Jazz », 2005
Amalia Rodrigues / Nocturne, « BD World », 2008
L’intrusion / Rackam, Le signe noir, 2008
En collaboration (illustrations) :
À l'abandon, texte de Laurence Tardieu / Naïve, 2009
Amato, scénario de Denis Lapière / Futuropolis, 2009
Lisbonne dernier tour, scénario de Jorge Zentner / Les Impressions Nouvelles, 2010
+ d'infos :
Son site et son portfolio, plus ancien, mais où l'on
peut voir les couvertures qu'elle a réalisé et quelques planches
Une cinquantaine de planches originales en vente sur le site de la galerie De l'art sur la planche (de 160
à 430 €)
Illustrations ©Aude Samama et éditeurs
©Gone Fishing
Blexbolex a construit au fil du temps un univers en trichromie, tout de silhouettes stylisées et de grands aplats de couleurs. Modelant directement les formes sans passer préalablement par un dessin au trait, Blexbolex fait preuve d'une curiosité graphique qui semble toujours se rapporter de près aux techniques d'impression, et être toujours en éveil.
La guerre et Vitesse, illustrations parues dans la revue Dada, n°141, Le Futurisme, 2008
Illustrations de I know how to cook, Phaidon Press, 2009
Un style très Art Déco, à mi-chemin entre Vladimir Lebedev et les affichistes russes, et les œuvres d'un Jacques Tati. Des silhouettes qui évoquent tantôt la figure de Tintin, tantôt celle de Popeye. Mais en définitive, un style qui a su se démarquer et se singulariser avec bonheur.
In situ, illustration parue dans la revue Dada, n°122, La Photographie, 2006
Illustration parue dans The New York Times
Une forte empreinte de l'esthétique des années 20-30, donc, où modernité rime avec simplicité et universalité. Une forte dimension onirique également. Et comme en clin d'œil, se retrouvent çà et là par les jeux de collage des motifs réitérés d'un travail l'autre.
Illustration parue dans Märkische Allgemeine Zeitung
Réaliser un album en sérigraphie – séparer les couleurs en tons directs – c'est penser la saturation et la surimpression de couleurs et de formes nécessairement simplifiées. De là sans doute naît la grande complicité qui s'établit entre l'artiste et son lecteur.
Illustration parue dans Télérama, 2010
Bernard Granger, né dans le nord de la France, à Douai, en 1966, a passé son enfance en Auvergne, à Aurillac. Après avoir suivi un parcours incertain et chaotique de 1984 à 1989 – d'Angoulême à Angoulême, via Paris (1987) et Berlin (1988) – il sort diplômé de l'école des Beaux-Arts en 1991. Il découvre la sérigraphie dans l'atelier de Jean-François Guilberteau et apprend les techniques de l'édition.
Planche de Woodaddict, auto-édité en 1992 en sérigraphie sur papier kraft
Deux albums auto-édités et le n°4 de la revue Le Dernier Cri, 1993
Bernard Granger fabrique son premier livre en 1992 : XXX, imprimé en sérigraphie à 50 exemplaires, vendus en un mois à la librairie Un Regard moderne dans le Marais. C'est à partir du deuxième, édité la même année, qu'il prend le nom de Blexbolex, un nom dynamique, simple, clair et identifiable, à l'image de ce que sera sa production.
Coffert et livrets de la série Ubu-Ru, 1994
Encore deux livres auto-édités en 1993, puis Blexbolex rejoint l'équipe du Dernier Cri : il participe à la revue éponyme, publie ses premiers livres de la série Ubu-Ru, puis OXO, en 1995 : des visages pop à (dé)composer up à l'aide de 44 volets indépendants, le tout sérigraphié et relié à la main.
Oxo, 1995
En 1996, il donne ses comics Steacknife au Chacal Puant, puis auto-édite une dernière série, Whimpy, en 1998.
Sa rencontre avec Jean-Louis Gauthey à l'été 1996 est décisive. Il accepte de le rejoindre chez Cornélius et, de sérigraphe, devient rapidement directeur littéraire, lançant les collections Lucette et Louise, dans laquelle il publie son album L'enclos en 2001.
Il commence véritablement sa carrière d'illustrateur jeunesse en 2001, quand il publie avec Jean-Luc Fromental Rogaton-Man au Seuil Jeunesse. Il travaille bientôt avec Thierry Magnier, Les Requins Marteaux, Albin Michel Jeunesse…
Instant Crap 1, 2 et 3, CBO, 2004
Bim de la Jungle, Thierry Magnier, 2004
En octobre 2006, son album L'Œil privé paraît aux Requins Marteaux, bientôt suivi de La longue-vue chez Thierry Magnier, en 2007, et du très beau Destination Abécédéria, toujours aux Requins, en 2008.

P comme… Panique, L'Édune, 2008, et illustration de La Fêlure, Ouvroir Humoir, 2008
En janvier 2008, il signe le portfolio anniversaire des quinze ans de l'agence Illustrissimo, dans laquelle il est entré en 2007 : 8 planches qui retracent le parcours d'une image dans la chaîne graphique publicitaire, de l'illustrateur au client, et une sérigraphie panoramique (120 exemplaires).
L'impression a été réalisé dans l'atelier de Valérie Vernet avant de rejoindre les tables de Philippe le Libraire, organisateur de l'événement. Un second tirage de 500 exemplaires, dont 250 commercialisés, a été réalisé chez Graphitec peu après, avec des couleurs différentes, en format A5.
lllustration extraite de L'imagier des gens, Albin Michel Jeunesse, 2008
En 2009, c'est la consécration internationale : choisi parmi plus de 700 livres, son Imagier des gens (Albin Michel Jeunesse) reçoit le prix du plus beau livre du monde (Worldwide Best Book Design Award), descerné par la Goldene Letter à la Foire du livre de Leipzig . L'album se distingue par son impression offset en trichromie – bleu, jaune, rouge – trois tons directs qui, se superposant, en donnent sept. Il aura fallu près d'une année de travail à Blexbolex pour associer un mot à une image, en pensant la double page, et parvenir à créer une dynamique sur plus 200 pages.
Baignade , illustrations extraites de l'album Saisons, Albin Michel Jeunesse, 2009
Il récidive l'année suivante avec Saisons, un album commandé par le Conseil régional du Val-de-Marne pour être offert aux nouveaux-nés cru 2010.
Dans la marge, Arts Factory, 2009
Entre-temps, un cahier Blexbolex paraît dans la collection Dans la marge chez Arts Factory : 34 portraits « fétiches » extraits de ses carnets et retravaillées après collage – un livre effectivement en marge de sa production.
Blexbolex a collaboré à de nombreuses revues, parmi lesquelles Le Dernier Cri (n°4 et 8, 1993 et 1994), OBCN (n°3 et 4, CBO, 1997 et 1999), Fusée (n°8, 9 et 11, Automne 67), Ferraille (n°6 en 1999, puis n°21 à 27, en 2006, Les Requins Marteaux), Comix 2000, Le Muscle Carabine (UDA, 2007, 2008, 2009), Dada (2006 et 2008).
Couvertures et pages intérieures du n°27 de la revue Ferraille, 2006
Illustrations pour un article sur la B42 paru dans le hors-série de la revue XXI, Histoires de Livres, 2009
Il a participé aux deux premiers numéros de la revue londonienne Nobrow d'Alex Spiro et Sam Arthur, tirée à 3000 exemplaires, signant la couverture du second, et a publié chez Nobrow Press deux livres, Dog Crime et une version anglaise d'Abecederia.
Une curiosité : Reborn Again, 48 masques dits « machés par la couleur », réalisé avec Stefanie Schilling et paru début 2010 chez United Dead Artists (UDA).
Blexbolex a publié à ce jour près d’une trentaine d’ouvrages, avec, toujours, le même soucis de qualité.
Il vit et travaille actuellement à Berlin.
Illustration parue dans The New York Times
Bibliographie sélective :
Les débuts de Blexbolex et Blexbolex sérigraphe :
Cahier de Jef / auto-édité, 1992, 16 pages, 35 ex.
The Woodaddict / auto-édité, 1992, 20 pages, 50 ex. (sérigraphie sur kraft)
Legs Box / auto-édité, 1993, 26 pages, 50 ex. (photocopie)
Losts Tigers Are Falling Appart / auto-édité, 1993, 26 pages, 50 ex. (photocopie et linogravure sur papier calque)
Super Shitty Book / Hanga Roa, coll. Microbe, 1994, 12 pages, 60 ex.
Ubu-Ru n°1 à 5 / Le Dernier Cri, coll. Corps Étrangers, 1994, coffret de 128 pages, 15 ex.
OXO / Le Dernier Cri, coll. Corps Étrangers, 1995, 48 pages, 100 ex.
Steacknife n°1 et 2 / Chacal Puant, 1996 et 1997, 16 pages chacun
Whimpy / auto-édité, 1998, 8 pages
Mr Code / CBO, coll. Flûte, 2000, 12 pages, 120 ex.
Who's Who / CBO, coll. 30x40, 2000, 16 pages, 150 ex.
Instant Crap n°1, 2 et 3 / CBO, 2004-2005, 14 pages chacun, 150 ex.
Dats Fun / Le 9e Monde, 2006, 24 pages, 120 ex.
La Fêlure / Ouvroir Humoir, 2008, 24 images, 30 pages, 1000 ex.
Blexbolex illustrateur :
Disaster Boy / Le Dernier Cri, coll. Bikro, 1999, 32 pages, 450 ex.
Rogaton Man, avec Jean-Luc Fromental / Seuil Jeunesse, 2001
L'Enclos / Cornélius, coll. Louise, 2001
Bim de la Jungle / Thierry Magnier, coll. Tête de lard, 2004, 24 pages
L'Œil privé / Les Requins Marteaux, coll. Inox, 2006
La Longue-vue / Thierry Magnier, coll. Petite Poche BD, 2007, 48 pages
Peindre / Thierry Magnier, coll. Petite Poche BD, 2007, 48 pages
Spleen / Fotokino, 2008
Destination Abecederia / Les Requins Marteaux, 2008, 32 pages
P, album de L'Abécédaire / L'Édune, 2008, 48 pages
L'imagier des Gens / Albin Michel Jeunesse, 2008, 208 pages
Saisons / Albin Michel Jeunesse, 2009, 176 pages
Blexbolex, collection Dans La marge / Arts Factory, 2009
I Know How To Cook, text by Ginette Mathiot / Phaidon Press, 2009
+ d'infos :
Portfolio Blexbolex sur le site de l'agence Illustrissimo.
La cinquantaine de publications en revues avec visuels des couvertures à voir sur Graphzines
En vente chez Arts Factory, des digigraphies de L'Œil privé, éditions limitées à 10 exemplaires
signés et numérotés (40 x 50 cm, 200 € encadrées)
Images et illustrations ©Blexbolex et éditeurs
Détente ludique avec le jeu Opniyama imaginé par Akinori Oishi et présenté en 2002 lors de
l'inauguration du Palais de Tokyo à Paris dans le cadre des Tokyo Games proposés par Laurence Hazout-Dreyfus.
Pour l'occasion, donc, Akinori Oishi et son ami Gomoy (le programmateur Guillaume Clary) ont réalisé Opniyama – un jeu vidéo conçu comme une œuvre interactive aux
possibilités infinies – sur une musique de Got (Deework).
Multipliant les alias au gré de l'humeur, on y explore des niveaux peuplés de sons et de créatures fantastiques protéiformes en récoltant et en plantant des graines aux
curieuses pousses moominesques…
Un regret : la version en ligne ne permet pas l'affichage en plein écran. Frustrant !

À gravir les pentes de l'Opni, gagne-t-on la sagesse ?
Le studio graphique lillois teamcHmAn (de Sébastien Kochman et Bernard Candau), pour lequel Akinori a travaillé de 2001 à 2003, a fermé ses portes en 2004.
Jeu ©teamcHmAn 2002
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