Dimanche 17 janvier 2010
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Maurice Sendak est né en 1928, de parents juifs polonais venus s'installer aux États-Unis. Fasciné par les dessins animés et l'univers de Walt Disney, comme la plupart des enfants de son époque,
il construit dès l'âge de 20 ans des jouets animés en bois et est embauché dans un magasin de jouets réputé. Après avoir publié quelques illustrations dans des livres pour enfants, il devient
très rapidement illustrateur à temps complet.

À 31 ans, il a déjà plus de 50 livres jeunesse à son actif quand il publie
Where the wild things are (
Max et les Maximonstres), ovni au succès immédiat.
Max et
les Maximonstres, 1963 pour l'édition originale
Son trait est minutieux et ses illustrations sont pleines, laissant rarement place au "blanc". Il participe également à partir des années 70 à la création de costumes et de décors pour le
théâtre, et fonde en 1990 la troupe de théâtre "The Night Kitchen", destinée à soutenir la production de spectacles Jeunesse de qualité, mais il préfère par-dessus tout le monde des livres. Il
est d'ailleurs le premier illustrateur américain à recevoir le Prix Andersen en 1970 pour l'ensemble de son œuvre.
Cuisine de nuit, 1970 pour l'édition originale
Ses personnages ont beaucoup de cran. Il s'agit souvent d'enfants ordinaires qui sont les héros de leur quotidien. C'est ce quotidien qui est mis en scène à travers leurs questionnements, leurs
trouilles universelles : la peur du noir, de l'abandon notamment, qui se traduit par la volonté d'attirer l'attention pour susciter l'intérêt, pour qu'on s'occupe d'eux, tout simplement. Sendak
leur fait affronter ces peurs en les matérialisant par des personnages en encre et papier. Le message est parfois violent, parce que direct, et Sendak est d'ailleurs l'objet de controverses assez
véhémentes de la part des psychologues.
Son dernier livre date de 2007. Il vit maintenant dans le Connecticut.
Mummy ?, Scholastic Uk Ltd, 2007
Son ouvrage le plus connu, Max et les Maximonstres, a été adapté par Sendak lui-même pour le théâtre en 1979, avant d'être porté en 2009 à l'écran. 46 ans après, le livre n'a pas
vieilli, en raison de son sujet, universel, mais aussi parce qu'il n'y a pas d'être humain dans le livre, Max mis à part. Et il n'y a pas non plus de vêtement susceptible de dater le livre,
puisque Max porte constamment un déguisement de chat. Pour l'adaptation cinématographique, Spike Jonze a su tirer l'essentiel du livre, en ajoutant pourtant beaucoup d'éléments et de péripéties
n'y figurant pas. L'univers et le message sont là version cinéma, sans perdre de l'efficacité de l'album. L'adaptation de Dave Eggers se révèle donc assez fine. On n'échappe évidemment pas à
quelques scènes un peu niaises et le film est un peu long, mais dans l'ensemble, il s'agit d'un beau conte pour petits et grands, laissant place à l'imaginaire et à la violence des tourments
enfantins.

Max et les Maximonstres, le film
Biblio non exhaustive
Where the wild things are / Harper and Arow, 1963 –
Max et les Maximonstres / Delpire, 1967
Higglety Pigglety Pop, 1967 – Turlututu chapeau pointu / École des Loisirs, 1980. En mémoire à sa chienne Jennie, décédée la même année.
In the Night Kitchen, 1970 –
Cuisine de nuit / École des Loisirs, 1972. Longtemps refusé par beaucoup de bibliothèques jusque dans les années 80 à cause du petit garçon qui s'y
promène nu !
Really Rosie, 1975 –
Rosie / École des Loisirs, 1981
Mummy – Maman ?, École des Loisirs, 2009 (Scholastic Uk Ltd, 2007 pour l'éd. anglaise). Livre pop-up d'un diaporama de monstres.
© Maurice Sendak pour les illustrations, © éditeurs pour les couvertures et extraits de livres.